Louisa Burns, M.S., D.O. : une pionniaire de la recherche en ostéopathie


« Nous citons souvent le Dr A.T. Still, non pas parce qu’il a énoncé des vérités, ni même parce qu’il a découvert de nouveaux faits, mais principalement parce qu’il a découvert des relations nouvelles et essentielles entre les faits. Les faits seuls sont aussi secs que des os ; les faits correctement mis en relation sont des serviteurs vitaux. »

Louisa Burns, M.S., D.O.

Louisa Burns, M.S., D.O., fait partie de ces figures trop oubliées de l’ostéopathie que l’on peut aisément et justement qualifier de pionnières. Dans les écoles d’ostéopathie, la figure la plus citée dans la recherche sur la compréhension des mécanismes neurophysiologiques de la dysfonction ostéopathique est le professeur Irvin Korr, dont les travaux et les publications scientifiques donneront lieu au livre Bases physiologiques de l’ostéopathie. Dans l’esprit des étudiants et de certains enseignants, la paternité de cette compréhension (qui est aujourd’hui sujette à critique, à révision et à controverse, bien que ce ne soit pas le sujet de cet article) lui reviendrait. C’est extrêmement mal connaître l’histoire. Même si la première description d’une hypothèse sur les mécanismes viscéro-somatiques/somato-viscéraux remonte au Dr Still, les premières recherches à ce sujet ont été effectuées par la Dr Burns.

Les débats qui animent la profession au sujet de la dysfonction ostéopathique (souvent mal comprise et réduite à une simple perte de mobilité) nécessitent que les choses soient claires dans notre esprit : cela commence par une connaissance exacte de l’histoire du modèle et des hypothèses successives formulées par les ostéopathes qui ont exploré ce sujet.

C’est ainsi que le portrait historique de Louisa Burns s’impose comme celui d’une figure incontournable, citée par de nombreux ostéopathes comme source d’inspiration et de référence pour leurs travaux, mais parfois aujourd’hui oubliée.

Dans un prochain article, nous nous intéresserons à l’histoire de la conception de ce qu’était la lésion ostéopathique avant qu’elle ne soit nommée dysfonction somatique, à ses critiques et aux évolutions de pensée actuelles.

Genèse et premières années

Née en 1870 à Saltilloville, dans l’Indiana, la Dr Burns commença sa carrière dans le milieu scientifique en obtenant un Bachelor of Science à l’Institut Borden de l’Indiana en 1892. Elle débuta comme professeure d’école dans l’Ohio, mais contracta une méningite spinale qui ne fut pas guérie par les traitements de l’époque. Incapable de se remettre des effets de la maladie et fortement invalidée, la Dr Burns et sa famille voyagèrent jusqu’à Los Angeles. Elle y fut prise en charge par un ostéopathe, grâce à qui elle recouvra miraculeusement ses capacités physiques, lui permettant de mener de nouveau une vie productive, sans séquelles invalidantes.

Piquée par sa curiosité et influencée par le Dr George Burton, Louisa Burns décida d’entreprendre des études au Pacific College of Osteopathy, où elle obtint son diplôme de D.O. en 1903. Parallèlement à ses études de médecine ostéopathique, la Dr Burns fut récompensée par l’Académie des sciences de Californie du Sud pour ses recherches sur la biologie des moisissures. Elle retourna ensuite à l’Institut Borden, où elle obtint son diplôme de Master of Science (M.S.) en 1906, avant d’enseigner et d’exercer au Pacific College.

Pacific Sanitarium and School of Osteopathic Medicine

Louisa Burns consacra une grande partie de sa vie à tenter de comprendre, de manière scientifique, comment elle avait été guérie des effets de la méningite spinale par la manipulation ostéopathique. Elle s’intéressa tout particulièrement à la neurophysiologie humaine, afin de mettre en lumière le principe d’interrelation entre la structure et la fonction. À bien des égards, elle se trouva aux prémices des travaux de Denslow, Hassett et Korr (auteur de The Emerging Concept of Osteopathic Lesion, publié en 1948) menés à Kirksville, dans le Missouri. Elle fut également à l’origine d’un travail considérable sur l’appareil reproducteur féminin et la physiologie de la reproduction, contribuant ainsi à l’intégration de l’ostéopathie dans les soins maternels et obstétricaux. La Dr Burns s’intéressa également à la cancérologie.

C’est ainsi qu’en octobre 1907, après sa première apparition dans la revue professionnelle de l’époque, le Journal of the American Osteopathic Association (JAOA), sera publié l’article Viscero-somatic and somato-visceral spinal reflex

Il me paraissait important de vous présenter ce premier article afin d’illustrer les connaissances de l’époque et la manière dont la science y était mobilisée. Cela ferait évidemment grincer des dents la plupart des chercheurs actuels, qui reprocheraient à Louisa Burns l’absence de contrôles expérimentaux et la description imprécise de ses méthodes (points qui seront en partie corrigés au fil de ses années de recherche). Et pourtant, ses articles respectaient les standards scientifiques de leur temps. Il faut rappeler qu’au début du XXᵉ siècle, la recherche fondamentale n’avait pas encore atteint les normes actuelles, notamment l’importance accordée à la reproductibilité pour valider les théories proposées. Le format IMRaD, que l’on retrouve aujourd’hui dans la plupart des publications scientifiques, ne se démocratisa qu’à partir des années 1950.

Malgré les controverses évidentes à la lumière des critères contemporains, les recherches de Louisa Burns furent considérables — comme en témoigne le nombre d’articles publiés dans le JAOA et la diversité des champs expérimentaux explorés (voir section Références, liste non exhaustive). Ses travaux visaient presque entièrement à démontrer la validité du concept de traitement manuel à travers les effets physiologiques supposés qu’il pouvait induire.

La même année, elle publia son premier ouvrage, Studies in the Osteopathic Science – Basic Principles, suivi de deux autres volumes en 1911 (The Nerve Centers et The Physiology of Consciousness). Le quatrième volume, Cells of the Blood, parut en 1931.

Entre-temps, elle commença à travailler à temps partiel à l’Institut de recherche A.T. Still de Chicago. En 1914, elle rejoignit l’institution à temps plein et en fut nommée directrice deux ans plus tard, en 1916. C’est à cette période qu’elle entreprit ses premières recherches sur modèles animaux (lapin, rat, chien, etc.).

L’objectif principal des recherches de Louisa Burns était de provoquer, chez l’animal, une pathologie de la colonne vertébrale similaire à la conception de la lésion ostéopathique vertébrale de l’époque, alors envisagée comme une subluxation mineure (ce qui s’est révélé inexact et est désormais reconnu comme tel par les ostéopathes). Il s’agissait de comprendre la relation entre la structure et la fonction dans le contexte d’une dysfonction ostéopathique. Ces travaux, portant sur ce que l’on appelle aujourd’hui les réflexes viscéro-somatiques, demeurent encore utilisés et constituent le fondement de la compréhension ostéopathique de la manière dont une « structure défectueuse » peut altérer la physiologie et la fonction des systèmes organiques.

Constatant que les conditions climatiques n’étaient pas adaptées aux animaux de laboratoire, la famille Burns acheta, en 1917, une propriété de 3,5 hectares à Pasadena, en Californie, qui devint le Sunny Slope Institute. Le lieu de travail comprenait cinq pièces d’habitation, une première salle équipée d’un appareil de radiographie, d’archives et d’ouvrages, ainsi qu’une seconde consacrée à la recherche, avec du matériel expérimental et des clapiers pour les animaux. Louisa Burns vécut et mena ses recherches en Californie jusqu’à la fin de sa vie.

La Dr Burns entretint également une relation étroite avec le sanatorium local, le Mendies Laboratory, ce qui lui permit de recueillir des données et de faire progresser ses recherches dans le domaine psychiatrique. Les paiements de ce laboratoire contribuèrent à financer le fonctionnement du Sunny Slope Institute.

L’article qui suit rend compte de l’état des recherches menées à Sunny Slope en 1926, ainsi que des conditions expérimentales de l’époque. Une partie des fonctions de la Dr Burns consistait à superviser une vingtaine de médecins ostéopathes qui l’assistaient dans ses travaux, ainsi qu’un certain nombre d’étudiants chargés de la gestion des dossiers.

La Dr Burns poursuivit ses recherches au Sunny Slope Institute jusqu’en 1945. Elle s’installa ensuite à proximité du collège ostéopathique de Los Angeles, où elle obtint un espace de laboratoire ainsi que des étudiants à encadrer, avec le soutien du Bureau on Research de l’American Osteopathic Association.

Le dernier ouvrage de Louisa Burns, The Pathogenesis of Visceral Disease Following Vertebral Lesions, fut publié en 1948. Son ultime article, Incidence of Certain Etiologic Factors in Cardiac Disorders, parut dans le JAOA en 1953. La Dr Burns se retira de la recherche en 1957 et décéda peu après, en 1958.

Les recherches sur les lésions et leurs répercussions cardiaques. 

Les États-Unis ont été un pays pionnier en matière de prévention des maladies cardiovasculaires, notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la santé publique commença à se structurer autour de la recherche épidémiologique. C’est dans ce contexte de forte effervescence scientifique que la Dr Burns publia son article Certain Cardiac Complications and Vertebral Lesions. Ses travaux s’inscrivaient dans un mouvement plus large visant à comprendre les facteurs physiopathologiques des affections cardiaques, à une époque où les bases de la cardiologie moderne étaient encore en construction. Cette publication coïncida avec la mise en place de la célèbre étude de Framingham (1947–1949), qui marqua le tournant vers une approche préventive et multifactorielle des maladies cardiovasculaires.

Les recherches de Louisa Burns donnèrent également lieu à une vidéo intitulée “Heart Disease: Effects of Selected Spinal Lesions upon Function and Structure of the Heart”. Visible sur Youtube, elle n’est malheureusement pas datée.  

Le dernier article de la Dr Burns mentionné précédemment, Incidence of Certain Etiologic Factors in Cardiac Disorders, vous est présenté ci-après. Il vous donnera un aperçu de l’évolution de la rédaction scientifique au cours de la première moitié du XXᵉ siècle, cet article étant rédigé selon le format IMRaD.

Conclusion

Première ostéopathe chercheuse de son époque, le travail de la Dr Burns qui mérite d’être salué représente près de cinquante années de publications et de recherches, menées avec un budget limité et souvent dans des conditions de travail difficiles. Reconnue également comme une enseignante avisée, elle donna de nombreuses conférences et participa à l’élaboration des programmes d’enseignement ainsi qu’à la rédaction des référentiels de compétences en ostéopathie.

Elle se battit, comme le Dr Still avant elle, pour favoriser l’accès des femmes à la formation ostéopathique :

« Plusieurs promotions n’ont aucune femme parmi leurs membres, et cela me paraît une question très sérieuse. Le Dr A.T. Still encourageait les étudiantes ; l’ostéopathie a besoin de praticiennes. Que compte-t-on faire à ce sujet ? »
(Osteopathic Colleges Today, JAOA, vol. 26, n° 6, p. 499-500).

En hommage à son œuvre scientifique et à son engagement, l’Académie américaine d’ostéopathie institua, à partir de 1958, une conférence commémorative à son nom destinée à perpétuer sa mémoire et à reconnaître sa contribution exceptionnelle à la recherche ostéopathique.

Sources et articles (liste non exhaustive) de la Dr. Burns :

  1. GEORGE W. NORTHUP, D.O., FAAO. 1984. Louisa Burns Memorial Lecture : Re-search. JAOA vol. 84 (1) 
  2. DANIEL H. BELSKY, D.O.. 1990. Louisa Burns Memorial Lecture : Research in Residencies. JAOA vol. 90 (7) 
  3. JANICE BLUMER, D.O., FAAO. 2025. Les pionnières de l’ostéopathie – De Jenette Bolles à Louisa Burns. Traduction Emma Chesneau. Éditions Sully. ISBN 978-2-35432-279-3
  4. IRVIN M. KORR, Ph.D.. 1948. The emerging concept of osteopathic lesion. JAOA vol. 48 (3)
  5. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1907. Blood pressure and flatulence. JAOA vol. 6 (8) 
  6. SOLLACI LB, PEREIRA MG. The introduction, methods, results, and discussion (IMRAD) structure: a fifty-year survey. J Med Libr Assoc. 2004 Jul;92(3):364-7. PMID: 15243643; PMCID: PMC442179.
  7. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1917. Intervertebral discs and bony lesions. JAOA vol. 16 (11)
  8. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1918. The osteopathic lesion – PART I. JAOA vol. 17 (10)
  9. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1918. The osteopathic lesion – PART II. JAOA vol. 18 (1)
  10. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1918. The osteopathic lesion – PART III. JAOA vol. 18 (2)
  11. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1918. The osteopathic lesion – PART IV. JAOA vol. 18 (3)
  12. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1918. The osteopathic lesion – PART V. JAOA vol. 18 (4)
  13. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1919. The osteopathic lesion – PART VI. JAOA vol. 18 (5)
  14. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1919. Effects of maternal lumbar lesions upon the development of young rabbits. JAOA vol. 18 (11)
  15. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1920. Some obscure causes of uterine malposition. JAOA vol. 19 (6)
  16. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1920. Vertebral lesions in gynecology. JAOA vol. 20 (3)
  17. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1921. Somatic sensory impulses and vertebral lesions. JAOA vol. 20 (11)
  18. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1921. Edema due to vertebral lesions. JAOA vol. 21 (4)
  19. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1921. Vertebral lesions and circulatory changes. JAOA vol. 21 (4)
  20. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1922. Muscles in lesioned areas. JAOA vol. 21 (7)
  21. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1922. Tissue changes in the cervix uteri. JAOA vol. 22 (4)
  22. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1923. Vertebral lesions and the course of pregnancy in animals. JAOA vol. 23 (3)
  23. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1924. Changes in the weight curve of rabbits with tenth thoracic lesion. JAOA vol. 23 (7)
  24. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1924. The effect of tenth thoracic lesions on the strength of the duodenal wall of rabbits. JAOA vol. 23 (9)
  25. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1924. The tenth thoracic lesion. JAOA vol. 23 (12) 
  26. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1924. Notes from Sunny Slope Laboratory. JAOA vol. 24 (2)
  27. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1925. Secondary lesions following experimental lesion of the second thoracic vertebra in rabbits. JAOA vol. 24 (5). 
  28. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1925. The effects of bony lesions on behavior – PART I. JAOA vol. 24 (7)
  29. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1925. The effects of bony lesions on behavior – PART II. JAOA vol. 24 (8)
  30. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1926. Palpation of lesioned areas in relation to subjacent tissues. JAOA vol. 25 (5)
  31. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1926. Structure of the sympathetic ganglia. JAOA vol. 25 (11)
  32. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1926. Changes in the deep layers of spinal muscles of the guinea pig after lesion of the second thoracic vertebra. JAOA vol. 25 (11)
  33. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1926. Effects of vertebral lesions on cell structure. JAOA vol. 26 (2)
  34. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1926. Effects of bony lesions – PART I. JAOA vol. 26 (4)
  35. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1927. Effects of bony lesions – PART II. JAOA vol. 26 (5)
  36. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1927. Effects of bony lesions – PART III. JAOA vol. 26 (6)
  37. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1927. Effects of bony lesions – PART IV. JAOA vol. 26 (7)
  38. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1927. Effects of bony lesions – PART V. JAOA vol. 26 (8)
  39. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1927. Osteopathic colleges today. JAOA vol. 26 (6)
  40. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1928. An osteopathic view of cancer problems. JAOA vol. 27 (5)
  41. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1928. Qualities distinguishing muscles affected by primary vertebral lesions from those affected by viscerosomatic nerve reflex. JAOA vol. 27 (7)
  42. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1928. Pathogenetic relations of vertebral lesions and viscera. JAOA vol. 28 (4) 
  43. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1929. Upper thoracic lesions and the heart. JAOA vol. 28 (7) 
  44. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1931. Changes in the circulation of the brain of the white rat due to upper cervical lesions. JAOA vol. 30 (5)
  45. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1931. The laboratory proofs of the osteopathic lesion : a survey. JAOA vol. 31 (4) 
  46. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1933. Osteopathic pathology of nerve tissues directly affected by vertebral lesions. JAOA vol. 32 (10)
  47. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1933. Osteopathic pathology of the heart. JAOA vol. 33 (8)
  48. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1934. Review of the pathology of the lesion and evidences of its possible correction. JAOA vol. 33 (8) 
  49. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1934. Effects of vertebral lesions : experimental and clinical – PART I. JAOA vol. 34 (3) 
  50. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1934. Effects of vertebral lesions : experimental and clinical – PART II. JAOA vol. 34 (4) 
  51. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1935. Effects of vertebral lesions : experimental and clinical – PART III-IV. JAOA vol. 34 (5) 
  52. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1935. Effects of vertebral lesions : experimental and clinical – PART III-CONCLUSION. JAOA vol. 34 (6) 
  53. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1935. Methods of producing lesions. JAOA vol. 34 (7)
  54. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1937. Certain remote effects of upper cervical lesions – PART I-II. JAOA vol. 37 (1)
  55. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1937. Certain remote effects of upper cervical lesions – PART III-IV. JAOA vol. 37 (2)
  56. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1941. Cardiac changes following certain vertebral lesions. JAOA vol. 41 (3)
  57. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1942. Preliminary report of cardiac changes following the correction of third thoracic lesions. JAOA vol. 42 (1) 
  58. LOUISA BURNS, M.S., D.O. ; LOUISE WHITING, B.A.. 1943. Further reports of cardiac changes following the correction of third thoracic lesions. JAOA vol. 43 (2)
  59. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1944. Principles governing the treatment of cardiac conditions. JAOA vol. 43 (5)
  60. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1945. Certain supravital microscopic studies of the heart. JAOA vol. 45 (3)
  61. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1945. Cardiac pathology in certain laboratory animals. JAOA vol. 45 (3)
  62. LOUISA BURNS, M.S., D.O.. 1947. Certain cardiac complications and vertebral lesions. JAOA vol. 47 (4) 
  63. LOUISA BURNS, M.S., D.O. ; CLARA L. TREAT, D.O.. 1953. Incidence of certain etiologic factors in cardiac disorders. JAOA vol. 52 (7)
  64. ÉLODIE GIROUX. Origines de l’étude prospective de cohorte : Épidémiologie cardio-vasculaire américaine et étude de Framingham. Revue d’histoire des sciences 2011/2 (Tome 64),p. 297-318. DOI 10.3917/rhs.642.0297